Si le congé maternité est bien connu de tous, on évoque beaucoup moins le congé paternité ! Et pour cause, le congé maternité a fait son apparition en 1909 alors que le congé paternité a été instauré seulement en 2002. 

Depuis 2002, le congé paternité a été réformé plusieurs fois. La dernière réforme date de 2021 (L. n° 2020-1576, 14 déc. 2020 : JO, 15 déc.) et a permis d’une part d’allonger la durée du congé (de 11 à 25 jours) et peut désormais être pris dans les 6 mois de la naissance de l’enfant contre 4 mois auparavant.

Notez que depuis le 1er juillet 2021, le congé paternité est d'une durée maximale de (article L1225-35 du Code du travail) :

  • 25 jours calendaires pour la naissance d'un enfant.

  • 32 jours calendaires pour une naissance multiple.

Bon à savoir :
En cas d'hospitalisation de l'enfant dans une unité de soins spécialisés immédiatement après la naissance, la durée du congé paternité est allongée de la durée de l'hospitalisation. Toutefois, cet allongement se fait dans la limite de 30 jours (articles L1225-35 et D1225-8-1 du Code du travail).

Il est à noter que ces jours s'ajoutent au congé de naissance de 3 jours ! Le congé de naissance est prévu par les dispositions légales et doit être pris soit le jour de la naissance de l'enfant soit le premier jour ouvrable qui suit. L’employeur a l’interdiction de faire travailler le salarié pendant cette période (articles L3142-1, L3142-4 et L1225-35-1 du Code du travail). 

Le salarié peut-il prendre son congé paternité en plusieurs fois ? 

 

La première période du congé paternité est de 4 jours calendaires successifs qui doivent obligatoirement être pris après le congé de naissance de 3 jours.

Bon à savoir :
Cette période de 4 jours est une période obligatoire : l’employeur dans ce cadre a l’interdiction de faire travailler le salarié sur cette période ! (Article L1225-35-1 du Code du travail). Attention ! l'interdiction de faire travailler le salarié sur cette période ne s’applique pas dans l’hypothèse où le salarié ne peut pas bénéficier des indemnités journalières prévues dans le cadre de la suspension de son contrat de travail (article L331-8 du Code de la sécurité sociale, article L1225-35-1 du Code du travail).

La seconde période du congé paternité est de 21 jours calendaires (25 jours moins les 4 jours obligatoires). 

Contrairement à la première période, cette seconde période est facultative, et peut donc être prise en totalité ou seulement pour partie, au choix du parent. 

Deux situations doivent être distinguées dans ce cadre :

  • Ces 21 jours peuvent être pris à la suite de la première période obligatoire de 4 jours ou plus tard.
  • Ces 21 peuvent être scindés en deux périodes d'une durée minimale de 5 jours chacune.
Bon à savoir :
Cette seconde période du congé paternité de 21 jours doit être prise dans les six mois qui suivent la naissance de l’enfant (article D1225-8 du Code du travail). Toutefois, dans certaines situations spécifiques, le congé peut être reporté au-delà des 6 mois de l’enfant : hospitalisation de l’enfant ou décès de la mère (article D1225-8 du Code du travail).

Comment le salarié doit-il informer son employeur de la prise de son congé paternité ? 

Le salarié qui souhaite bénéficier de son congé de paternité doit informer l’employeur de la date prévisionnelle de l'accouchement au moins un mois avant celle-ci.

Le salarié est aussi tenu d’informer son employeur de la date de prise et de la durée de la seconde partie du congé (21 jours) au moins un mois avant le début la période. Le même délai est applicable lorsque le congé de 21 jours est fractionné (article D1225-8 du Code du travail).

Bon à savoir :
Comment cela se passe-t-il si l’enfant naît avant la date prévue pour l’accouchement ? Dans cette hypothèse, le salarié peut débuter la seconde partie de son congé paternité au cours du mois qui suit la naissance de l’enfant. L’information de l’employeur devra se faire le plus rapidement possible (article D1225-8 du Code du travail).

Le congé paternité est-il indemnisé ? 

Une fois l’employeur informé des dates de congé du salarié, il devra fournir à la CPAM l’attestation des périodes du congé de paternité ainsi que l’attestation de salaire. 

Le salarié devra quant à lui fournir à la Caisse une copie de l'acte de naissance de l'enfant ou une copie du livret de famille.

Une fois les formalités effectuées, le salarié est indemnisé pendant son congé sous réserve de remplir les conditions requises par l’organisme de Sécurité sociale (période d’affiliation minimum, avoir travaillé un certain temps avant le congé paternité - au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant – avoir cessé son activité professionnelle).

Et après le congé paternité ? 

Le salarié retrouve son emploi dans les mêmes conditions qu’avant. Le salarié, s’il le souhaite, peut prendre un congé parental (total ou partiel) afin de s’occuper son enfant. 

Le salarié peut prétendre à ce congé jusqu’aux trois ans de l’enfant (sous réserve des annonces gouvernementales sur la réforme du congé parental). Intéressés ? Consultez notre article sur le sujet ! (https://celiade.com/actualites/article/le-conge-parental).

Pour résumer : le congé paternité se découpe en plusieurs phases.

Une première période de 3 jours qui est le congé de naissance. Ces jours doivent être pris soit dès jour de la naissance de l'enfant soit le premier jour ouvrable qui suit.

Une seconde période de 4 jours qui est obligatoire avec une interdiction de faire travailler le salarié sur cette période.

Une troisième période de 21 jours facultative (ou de 28 jours en cas de naissance multiples) que le salarié peut prendre en partie ou en totalité. Cette phase est par ailleurs fractionnable par période de 5 jours minimum. En tout état de cause, cette dernière phase doit être prise dans les 6 mois qui suivent la naissance de l’enfant.

Recevez toute l'actualité juridique !

Partager

Nos actualités

25 mars 2026

Salariée enceinte : tout ce que vous devez savoir

La grossesse soulève souvent de nombreuses questions dans la vie professionnelle : absences pour les examens médicaux, aménagement du poste de travail, protection contre le licenciement ou encore conditions de reprise après le congé maternité. Pour protéger la santé de la salariée et de l’enfant à naître, le Code du travail prévoit un ensemble de droits et de garanties spécifiques. Encore faut-il les connaître. Tour d’horizon des principales règles applicables aux salariées enceintes.

18 mars 2026

Le congé sabbatique

Envie de faire une pause dans votre vie professionnelle sans rompre votre contrat de travail ? Le congé sabbatique peut être une solution intéressante pour réaliser un projet personnel, voyager ou prendre du recul sur votre carrière. Toutefois, ce dispositif est strictement encadré par le Code du travail et obéit à des conditions précises. Durée, conditions d’accès, procédure de demande ou encore droits au retour dans l’entreprise : voici l’essentiel à connaître avant de se lancer.

11 mars 2026

Gel des cotisations des mutuelles en 2026 : ce qu’il faut comprendre

La Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 introduit une mesure majeure concernant les complémentaires santé : le gel des cotisations. En principe, les mutuelles ne peuvent pas augmenter leurs tarifs en 2026 par rapport à ceux appliqués en 2025. Destinée à protéger le pouvoir d’achat des assurés, cette disposition soulève toutefois de nombreuses interrogations quant à sa mise en œuvre concrète et à son application effective par les organismes complémentaires.

04 mars 2026

Le passeport de prévention

La loi du 2 août 2021 relative à la santé au travail a instauré le Passeport de prévention, un outil destiné à centraliser les formations en santé et sécurité au travail. Cette plateforme numérique vise à faciliter le suivi des obligations réglementaires, à renforcer la traçabilité des compétences et à améliorer la prévention des risques professionnels, en impliquant salariés, employeurs et organismes de formation.

 

25 févr. 2026

Le droit de retrait : comprendre ses droits et ses obligations au travail

Travailler en toute sécurité n’est pas un luxe, c’est un droit. Mais savez-vous exactement ce que recouvre le droit de retrait et comment l’exercer ? Cet article vous guide pas à pas pour comprendre vos droits et obligations au travail, afin de rester protégé tout en respectant les règles.

NOS FORMATIONS VOUS INTÉRESSENT ?

Nous sommes là pour vous aider à développer vos compétences et à atteindre vos objectifs professionnels. N'hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur nos programmes de formation et découvrir comment nous pouvons vous accompagner.

Contactez-nous !

NOS FORMATIONS À LA UNE

Formation Secrétaire CSE

Formation Secrétaire CSE

CSE
Inter
Intra

Découvrir le rôle du secrétaire

  • 7 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.70
La RSE pour le CSE

La RSE pour le CSE

CSE
Inter
Intra
Sur mesure

Découvrez comment le CSE peut jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et contribuer à un développement durable et éthique au sein de votre organisation

  • 7 heures
  • A distance
  • Satisfaction 9.10
Formation SSCT + 50 salariés - 1er mandat

Formation SSCT + 50 salariés - 1er mandat

SSCT
Inter
Intra

Formation obligatoire SSCT pour les plus de 50 salariés

  • 35 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.50
Référent harcèlement sexuel

Référent harcèlement sexuel

SSCT
Inter
Intra

Comprendre le rôle essentiel du référent harcèlement sexuel

  • 7 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.50

EN APPRENDRE PLUSsur l'ensemble de nos formations

Comment se déroule une formation CSE avec CELIADE ?
A qui s'adressent nos formations économique ?
Qui finance la formation SSCT ?
Combien de temps dure la formation SSCT ?

Rechercher

Formation Secrétaire CSEFormation SSCT + 50 salariés - 1er mandatRéférent harcèlement sexuelLa RSE pour le CSEFormation Trésorier CSEFormation bases droit du travail