Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision implicite d’acceptation. C’est le délai de droit commun, mais à chaque principe, son exception.
En effet, les délais dérogatoires en droit du travail sont nombreux et le décret du 13 août 2026 vient apporter une clarification quant à certains d’entre eux qui concernent les décisions de l’administration en matière de durée du travail et, dans un souci de cohérence, vient s’accorder avec les termes choisis par le décret de 2014 (n°2014-1290) apportant des exceptions au délai de deux mois faisant naître les décisions implicites d’acceptation de l’administration.
Concernant les autorisations de dépassement de la durée hebdomadaire de travail accordée par l’autorité administrative, c’est-à-dire l’Inspection du travail.

Le décret vient modifier deux articles du Code du travail en précisant délai dans lequel l’autorité administrative doit statuer lorsqu’il y a une demande concernant :
- Le dépassement de la durée maximale hebdomadaire de travail de 48 heures sans que le temps de travail puisse excéder 60 heures par semaine, en cas de circonstances exceptionnelles (article L3121-21 du Code du travail) ;
- Le dépassement de la durée maximale de 46 heures calculée sur une période de 12 semaines consécutives, pendant des périodes déterminées, à titre exceptionnel pour certains secteurs d’activité ou certaines régions (article L3121-25 du Code du travail).
Désormais, l’autorité administrative, en l’occurrence l’Inspection du travail, a désormais 30 jours pour rendre sa décision à compter de la réception de la demande. Au-delà de ce délai, et sans réponse de sa part, il s’agira d’une décision implicite valant acceptation du dépassement de la durée hebdomadaire de travail (réécriture de l’article R3121-8 du Code du travail).
Sur les demandes d’autorisation du recours aux horaires individualisées

En vertu de l’article L3121-48 du Code du travail, il sera possible pour l’employeur, à la demande du salarié et après avis conforme du Comité social et économique, de mettre en place des horaires individualisées afin de permettre un report d'heures d'une semaine à une autre et ainsi, dès lors qu’il y aura un dépassement de la durée maximale hebdomadaire de travail, ces heures ne seront pas considérées comme des heures supplémentaires.
Pour les entreprises qui ne disposent pas de représentants du personnel, l’employeur devra obtenir une autorisation de l’inspecteur du travail. C’est sur ce point que le décret du 13 août 2026 apporte une précision. En effet, jusqu’à présent, c’était le délai de droit commun qui était appliqué, l’administration devait rendre sa décision dans un délai de deux mois à compter de la réception de la demande. Désormais, l’autorité administrative aura 30 jours pour statuer, à défaut, cela sera considéré comme une décision implicite d’acceptation (réécriture de l’article R3121-29 du Code du travail).
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Pour les dérogations faites à l’interdiction du travail de nuit pour les jeunes travailleurs
En principe, le travail de nuit pour les jeunes travailleurs est interdit (article L3163-2 du Code du travail). Toutefois, à nouveau, il existe des dérogations à titre exceptionnel qui pourront être accordées par l’Inspection du travail :
- Jeunes salariés des établissements commerciaux
- Jeunes salariés du spectacle
Dans certains secteurs, le législateur admet également la possibilité que des dérogations puissent être encadrées par des accords collectifs de travail. Ledécret de 2026 vient seulement modifier la formule « d’un mois » en la remplaçant par « 30 jours », tel est le délai dans lequel l’Inspection devra rendre sa décision. Après ce délai, il sera considéré qu’une autorisation implicite de dérogation aura été rendue.










