La loi anti-fraude du 25 juin 2026 modifie les règles applicables au maintien de salaire en cas d'arrêt de travail. Désormais, lorsqu'une fraude aux indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) est établie et portée à la connaissance de l'employeur, celui-ci peut suspendre le versement des indemnités complémentaires légales. Une mesure destinée à mettre fin à la différence de traitement qui existait jusqu'à présent entre la Sécurité sociale et l'employeur.

En cas de fraude aux IJSS, le maintien de salaire légal peut être suspendu

L'article L1226-1 du Code du travail prévoit qu'un salarié justifiant d'au moins un an d'ancienneté bénéficie, sous certaines conditions, d'une indemnité complémentaire aux indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) en cas d'absence pour maladie ou accident, à condition que son incapacité soit constatée par certificat médical et, le cas échéant, par une contre-visite.

La loi modifie cet article afin de préciser que ce maintien de salaire légal ne s'applique plus lorsqu'une fraude du salarié aux IJSS maladie ou accident du travail/maladie professionnelle est avérée et que l'employeur en a été informé par un organisme de sécurité sociale, dans les conditions prévues à l'article L114-9 du Code de la sécurité sociale (article L1226-1 du Code du travail).

Une mesure qui met fin à une différence de traitement

Jusqu'à présent, l'Assurance maladie pouvait suspendre le versement des indemnités après avoir établi l'existence d'une fraude, tandis que l'employeur restait tenu de verser le complément de salaire légal.

Une suspension limitée au maintien de salaire prévu par la loi

La possibilité de suspendre le versement du complément de salaire concerne uniquement le maintien de salaire légal prévu par l'article L1226-1 du Code du travail. Le texte ne vise pas le maintien de salaire prévu par une convention collective. 

Recevez toute l'actualité juridique !

L'employeur devra transmettre les informations à l'organisme complémentaire

Lorsqu'il est informé par un organisme de sécurité sociale d'une fraude avérée aux IJSS maladie ou AT/MP, l'employeur devra transmettre à l'organisme de protection sociale complémentaire auquel le salarié est affilié l'ensemble des renseignements et documents caractérisant cette fraude, reçus de l'organisme de sécurité sociale (article L114-9 du Code de la sécurité sociale). Les modalités de cette transmission seront fixées par décret.

Quelles sont les dates d'entrée en vigueur ?

En l'absence de dispositions particulières, la possibilité pour l'employeur de suspendre le maintien de salaire légal est entrée en vigueur le 27 juin 2026, soit le lendemain de la publication de la loi au Journal officiel.

À retenir

  • En cas de fraude avérée aux IJSS maladie ou AT/MP, l'employeur peut désormais suspendre le maintien de salaire légal (article L1226-1 du Code du travail). 

  • Cette possibilité est subordonnée à une information transmise à l'employeur par un organisme de sécurité sociale, dans les conditions prévues par l'article L114-9 du Code de la sécurité sociale.

  • La réforme met fin à la situation dans laquelle l'Assurance maladie pouvait suspendre les IJSS tandis que l'employeur restait tenu de verser le complément de salaire.

  • La mesure ne concerne que le maintien de salaire légal, le maintien conventionnel n'est pas visé par le texte.

  • La suspension du maintien de salaire est applicable depuis le 27 juin 2026.

Partager

Nos actualités

16 sept. 2026

Loi anti-fraude : le renforcement des sanctions en matière de santé et sécurité au travail à travers le DUERP et le C2P

DUERP absent ou incomplet : jusqu'à 8 000 € d'amende par salarié concerné en cas de récidive. Déclarations C2P inexactes ou volontairement minorées : des pénalités renforcées et dissuasives. La loi anti-fraude du 25 juin 2026 durcit significativement les sanctions applicables aux employeurs qui ne respectent pas leurs obligations en matière de santé et sécurité au travail. En tant qu'élu CSE, vous avez précisément les prérogatives pour vérifier l'existence, la mise à jour et la cohérence du DUERP et pour alerter quand les déclarations d'exposition ne reflètent pas la réalité du terrain.

11 sept. 2026

Décret du 13 août 2026 : focus sur certaines procédures de dérogation à la durée du travail

Élus du CSE : le décret n° 2026-775 du 13 août 2026 change la donne sur les délais de l'Inspection du travail en matière de durée du travail. Un point vous concerne directement : la mise en place d'horaires individualisés, soumise à votre avis conforme, voit le délai de réponse de l'administration passer de deux mois à 30 jours en cas de silence gardé. Idem pour les dépassements de durée hebdomadaire et les dérogations au travail de nuit des jeunes et des apprentis, désormais calés sur ce même délai raccourci.

09 sept. 2026

CPF : fraude, contrôles, sanctions… ce qui change avec la loi du 25 juin 2026

Identité d'emprunt pour détecter les fraudes, majorations pouvant atteindre 50 %, refus de financement en cas d'absence aux examens, interdiction de financer deux fois la même certification... La loi du 25 juin 2026 durcit considérablement les règles encadrant le Compte Personnel de Formation. En tant qu'élu CSE, vous êtes en première ligne pour informer les salariés de ces nouvelles contraintes et éviter que leurs droits ne soient perdus ou amputés.

07 sept. 2026

Plan Santé au Travail 2026-2030 : quels enjeux SSCT pour les CSE ?

Le nouveau Plan Santé au Travail a été lancé le 5 juin 2026, il s’agit du PST 2026-2030, intitulé « Tous mobilisés pour la santé au travail et la prévention des accidents ». Il s’agit d’une feuille de route qui permet aux entreprises d’orienter leurs politiques de prévention pendant les 5 prochaines années.

04 sept. 2026

SSCT 2026 : tout savoir sur la mise à jour du ministère du Travail

Depuis quelques années, la santé, la sécurité et les conditions de travail occupent une place de plus en plus prépondérante au sein de l’entreprise. Ainsi, en 2026, le ministère du Travail, la Cour de cassation et le PST 2026-2030 ont tous trois rappelé des points importants relatifs à la commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) et à la SSCT.

 

 

NOS FORMATIONS VOUS INTÉRESSENT ?

Nous sommes là pour vous aider à développer vos compétences et à atteindre vos objectifs professionnels. N'hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur nos programmes de formation et découvrir comment nous pouvons vous accompagner.

Contactez-nous !

NOS FORMATIONS À LA UNE

Formation Secrétaire CSE

Formation Secrétaire CSE

CSE
Inter
Intra

Découvrir le rôle du secrétaire

  • 7 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.70
La RSE pour le CSE

La RSE pour le CSE

CSE
Inter
Intra
Sur mesure

Découvrez comment le CSE peut jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et contribuer à un développement durable et éthique au sein de votre organisation

  • 7 heures
  • A distance
  • Satisfaction 9.10
Formation SSCT + 50 salariés - 1er mandat

Formation SSCT + 50 salariés - 1er mandat

SSCT
Inter
Intra

Formation obligatoire SSCT pour les plus de 50 salariés

  • 35 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.50
Référent harcèlement sexuel

Référent harcèlement sexuel

SSCT
Inter
Intra

Comprendre le rôle essentiel du référent harcèlement sexuel

  • 7 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.50

EN APPRENDRE PLUSsur l'ensemble de nos formations

Comment se déroule une formation CSE avec CELIADE ?
A qui s'adressent nos formations économique ?
Qui finance la formation SSCT ?
Combien de temps dure la formation SSCT ?

Rechercher

Formation Secrétaire CSEFormation SSCT + 50 salariés - 1er mandatRéférent harcèlement sexuelLa RSE pour le CSEFormation Trésorier CSEFormation bases droit du travail