Focus sur les différés France Travail : ce qu'il faut savoir

 Lorsqu’un salarié perd son emploi et s’inscrit auprès de France Travail en vue de percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), le versement des indemnités chômage n’intervient pas nécessairement de manière immédiate. En pratique, l’ouverture des droits peut être décalée en raison de plusieurs mécanismes de report prévus par la réglementation de l’assurance chômage. Ces délais, qualifiés de « différés d’indemnisation », sont encadrés par des règles précises et déterminent la date effective de début de versement des allocations.

Il existe trois catégories de différés que nous allons détailler :

  • Le différé spécifique d’indemnisation

  • Le différé congés payés

  • Le délai d’attente

Le différé spécifique d’indemnisation

Le différé spécifique a vocation à neutraliser, temporairement, l’indemnisation chômage lorsque le salarié a perçu, lors de la rupture de son contrat de travail, des indemnités supra-légales.

Ce différé ne concerne que les indemnités supra-légales. Autrement dit, toutes les indemnités de rupture qui excèdent ce que prévoit la loi reportent le début de l’indemnisation. Même s’il s’agit d’indemnités prévues par une convention collective ou accord d’entreprise ou de branche.

  • Si le salarié touche les indemnités légales de licenciement, il n’aura aucun différé d’indemnité de rupture

  • Si la convention collective prévoit une indemnité de licenciement plus favorable que le Code du travail, l’employeur a l’obligation de la verser. Toutefois, un différé indemnité de rupture sera appliqué au salarié

  • Si le salarié a négocié une indemnité de licenciement plus avantageuse que le légal, un différé indemnité de rupture sera appliqué.

Ce différé est déterminé à partir des sommes perçues lors de la rupture du contrat de travail, telles que les indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle ou encore les indemnités transactionnelles.

Bon à savoir : Lorsqu’il y a eu plusieurs fins de contrat au cours des six derniers mois, un différé spécifique est calculé pour chacune d’elles. C’est ensuite le différé dont l’expiration intervient le plus tardivement qui est retenu et appliqué pour le calcul de la date de début d’indemnisation.

Ce mécanisme repose sur l’idée que certaines indemnités de rupture permettent au salarié de disposer d’une ressource financière immédiate, justifiant ainsi un report temporaire du versement des allocations chômage.

Comment calculer le différé spécifique ?

Pour calculer le nombre de jours de décalage, il faut diviser les indemnités supérieures à ce que prévoit la loi par 111,8 (valeur au 01/01/2026).

Exemple

Un salarié perçoit, lors de la rupture de son contrat de travail, une indemnité supra-légale (c’est-à-dire supérieure au minimum légal) de 5 600 €.

Pour calculer le différé spécifique, on applique la formule suivante :

Indemnités supra-légales ÷ 111,8

Soit : 5 600 ÷ 111,8 = 50,09

Le résultat est arrondi à l’entier inférieur, ce qui donne : 50 jours de différé spécifique

Cela signifie que le versement de l’allocation chômage sera reporté de 50 jours, en plus des autres éventuels délais (différé congés payés + délai d’attente).

La durée du différé spécifique est encadrée par la réglementation de l’assurance chômage. Elle est plafonnée à :

  • 150 jours calendaires dans le régime général 

  • 75 jours calendaires en cas de rupture du contrat de travail pour motif économique et en cas de refus du contrat de sécurisation professionnelle

Ce plafonnement signifie que, même en présence d’indemnités de rupture particulièrement élevées, le report du versement de l’allocation chômage ne peut excéder ces durées maximales.

À l’expiration du différé spécifique, d’autres délais peuvent encore s’appliquer avant le versement effectif de l’allocation.

D'autres questions à ce sujet ?

N'hésitez pas à contacter notre service juridique pour avoir toutes les questions à vos réponses !

En savoir plus

Le différé congés payés

Si le salarié n’a pas soldé l’intégralité de ses congés payés avant son départ de l’entreprise, il perçoit une indemnité compensatrice de congés payés correspondant aux droits acquis et non utilisés.

Cette indemnité a toutefois une incidence directe sur l’ouverture des droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi, dans la mesure où elle est prise en compte dans le calcul du différé d’indemnisation applicable par France Travail.

Le différé congés payés est ainsi déterminé à partir du montant total des indemnités compensatrices de congés payés versées au salarié à l’occasion de la ou des fins de contrats de travail intervenues au cours des six mois précédant la dernière rupture du contrat de travail.

Autrement dit, lorsque plusieurs contrats de travail se sont succédé sur une période de six mois, l’ensemble des indemnités compensatrices de congés payés perçues au titre de ces différentes fins de contrat est additionné afin de constituer une base unique de calcul.

Ce montant global permet ensuite de déterminer le nombre de jours de différé appliqué par France Travail, lequel reporte d’autant le point de départ de l’indemnisation chômage.

Ce mécanisme vise à tenir compte du fait que les indemnités compensatrices de congés payés correspondent à une période déjà rémunérée, pendant laquelle le salarié n’est pas immédiatement privé de ressources.

Comment calculer le différé congés payés ?

Pour calculer le nombre de jours de décalage, il faut diviser l’indemnité compensatrice de congés payés reçue dans les 6 derniers mois par le montant du salaire journalier.

La durée du différé congés payés est encadrée par la réglementation de l’assurance chômage. Elle est plafonnée à 30 jours.

Le délai d’attente de 7 jours

Un délai d’attente incompressible de 7 jours est systématiquement appliqué lors de l’ouverture des droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi, indépendamment de la situation individuelle du demandeur d’emploi.

Ce délai vient s’ajouter aux deux autres mécanismes de différé d’indemnisation, à savoir le différé spécifique lié aux indemnités de rupture et le différé lié aux congés payés. Il ne peut donc intervenir qu’après l’épuisement de ces deux premiers délais.

Toutefois, ce délai d’attente présente une particularité importante : il n’est appliqué qu’une seule fois au cours d’une période de douze mois. Ainsi, même en cas de réouverture de droits ou de nouvelle inscription sur la même période, le délai de 7 jours ne sera pas réitéré s’il a déjà été appliqué dans l’année.

Ce mécanisme constitue une règle de droit commun du régime d’assurance chômage et participe au décalage initial entre la date d’inscription auprès de France Travail et le premier versement effectif des allocations.

**

Vous souhaitez former votre CSE ?

Découvrez toutes nos formations dédiées aux élus de CSE !

Ca m'intéresse

Pour conclure

Les différents délais applicables lors de l’ouverture des droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi sont cumulatifs dès lors que les conditions de leur mise en œuvre sont réunies.

Le différé spécifique lié aux indemnités de rupture, le différé correspondant aux indemnités compensatrices de congés payés, ainsi que le délai d’attente de 7 jours peuvent se cumuler et s’appliquer simultanément.

Ces mécanismes constituent des différés d’indemnisation. Ils ont pour seul effet de décaler dans le temps le point de départ du versement de l’allocation chômage, sans modifier ni réduire la durée totale des droits à indemnisation acquis par le demandeur d’emploi.

Autrement dit, les jours de différé ne sont pas perdus : ils n’ont aucune incidence sur le volume global d’allocations auquel le salarié peut prétendre, mais uniquement sur la date de leur premier versement.

Recevez toute l'actualité juridique !

Partager

Nos actualités

07 sept. 2026

Plan Santé au Travail 2026-2030 : quels enjeux SSCT pour les CSE ?

Le nouveau Plan Santé au Travail a été lancé le 5 juin 2026, il s’agit du PST 2026-2030, intitulé « Tous mobilisés pour la santé au travail et la prévention des accidents ». Il s’agit d’une feuille de route qui permet aux entreprises d’orienter leurs politiques de prévention pendant les 5 prochaines années.

04 sept. 2026

SSCT 2026 : tout savoir sur la mise à jour du ministère du Travail

Depuis quelques années, la santé, la sécurité et les conditions de travail occupent une place de plus en plus prépondérante au sein de l’entreprise. Ainsi, en 2026, le ministère du Travail, la Cour de cassation et le PST 2026-2030 ont tous trois rappelé des points importants relatifs à la commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) et à la SSCT.

 

 

31 juil. 2026

CPF : fraude, contrôles, sanctions… ce qui change avec la loi du 25 juin 2026

Identité d'emprunt pour détecter les fraudes, majorations pouvant atteindre 50 %, refus de financement en cas d'absence aux examens, interdiction de financer deux fois la même certification... La loi du 25 juin 2026 durcit considérablement les règles encadrant le Compte Personnel de Formation. En tant qu'élu CSE, vous êtes en première ligne pour informer les salariés de ces nouvelles contraintes et éviter que leurs droits ne soient perdus ou amputés.

30 juil. 2026

Plan national d'action 2026-2029 de l'inspection du travail : ce que les élus du CSE doivent absolument connaître

Accidents du travail mortels, maladies professionnelles en hausse, fraudes au droit du travail, inégalités salariales femmes-hommes, protection des salariés vulnérables... L'inspection du travail a fixé ses priorités de contrôle pour les quatre prochaines années. Ce document ne crée aucune nouvelle obligation légale, mais il révèle où les agents vont concentrer leurs interventions — et donc où votre vigilance d'élu doit s'intensifier.

25 juin 2026

Loi du 12 juin 2026 : un renforcement global des parents d'enfants gravement malades

Congé d'annonce doublé, horaires aménageables, épargne retraite débloquée, protection contre le licenciement renforcée : la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 transforme en profondeur les droits des salariés parents d'enfants gravement malades. Un droit mal connu, c'est un droit perdu. Décryptage complet dans cet article pour agir efficacement auprès des salariés concernés.

NOS FORMATIONS VOUS INTÉRESSENT ?

Nous sommes là pour vous aider à développer vos compétences et à atteindre vos objectifs professionnels. N'hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur nos programmes de formation et découvrir comment nous pouvons vous accompagner.

Contactez-nous !

NOS FORMATIONS À LA UNE

Formation Secrétaire CSE

Formation Secrétaire CSE

CSE
Inter
Intra

Découvrir le rôle du secrétaire

  • 7 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.70
La RSE pour le CSE

La RSE pour le CSE

CSE
Inter
Intra
Sur mesure

Découvrez comment le CSE peut jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et contribuer à un développement durable et éthique au sein de votre organisation

  • 7 heures
  • A distance
  • Satisfaction 9.10
Formation SSCT + 50 salariés - 1er mandat

Formation SSCT + 50 salariés - 1er mandat

SSCT
Inter
Intra

Formation obligatoire SSCT pour les plus de 50 salariés

  • 35 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.50
Référent harcèlement sexuel

Référent harcèlement sexuel

SSCT
Inter
Intra

Comprendre le rôle essentiel du référent harcèlement sexuel

  • 7 heures
  • A distance / Présentiel
  • Satisfaction 9.50

EN APPRENDRE PLUSsur l'ensemble de nos formations

Comment se déroule une formation CSE avec CELIADE ?
A qui s'adressent nos formations économique ?
Qui finance la formation SSCT ?
Combien de temps dure la formation SSCT ?

Rechercher

Formation Secrétaire CSEFormation SSCT + 50 salariés - 1er mandatRéférent harcèlement sexuelLa RSE pour le CSEFormation Trésorier CSEFormation bases droit du travail