L’indemnisation du congé supplémentaire de naissance par la Sécurité sociale
Contrairement à certains dispositifs d’absence pouvant prévoir un maintien de salaire par l’employeur, l’indemnisation du congé supplémentaire de naissance relève exclusivement du régime de Sécurité sociale. L’employeur n’a donc, en principe, aucune obligation légale de rémunérer le salarié pendant cette période ni de compléter les indemnités journalières versées au titre de ce congé, sauf dispositions conventionnelles ou accord collectif plus favorable prévoyant un maintien de rémunération.
Le salarié qui bénéficie d’un congé supplémentaire de naissance peut percevoir, pendant toute la durée de ce congé, des indemnités journalières (IJ) versées par la Sécurité sociale, sous réserve de remplir les conditions d’ouverture des droits prévues par le Code de la sécurité sociale.
Pour être indemnisé, l’assuré doit notamment :
Cesser toute activité salariée pendant la période au titre de laquelle il demande le versement des indemnités journalières ;
Justifier d’une durée minimale d’affiliation de six mois à la Sécurité sociale à la date de début du congé (articles L. 331-8-1 et R. 313-4-1 du Code de la sécurité sociale).
Il doit également remplir une condition d’activité ou de cotisations à la date de début du congé. À ce titre, il doit justifier :
Soit du versement de cotisations au titre des assurances maladie, maternité, invalidité et décès sur les rémunérations perçues au cours des six mois civils précédents, pour un montant au moins équivalent aux cotisations dues sur une rémunération correspondant à 1 015 fois le montant du SMIC ;
Soit avoir effectué au moins 150 heures de travail salarié ou assimilé au cours des trois mois civils ou des 90 jours précédant le début du congé (article R. 313-3 du Code de la sécurité sociale).

Pour apprécier l’ouverture des droits, les organismes de sécurité sociale prennent en compte l’ensemble des périodes d’affiliation, des cotisations versées et des périodes de travail réalisées par l’assuré, y compris lorsque celles-ci relèvent d’un autre régime relevant du Code de la sécurité sociale ou du Code rural (article L. 172-2 du Code de la sécurité sociale).
Ainsi, l’indemnisation du congé supplémentaire de naissance repose sur un principe similaire à celui applicable aux autres congés liés à l’arrivée d’un enfant : le salarié doit interrompre son activité et justifier d’une activité professionnelle ou d’une affiliation suffisante pour bénéficier des prestations versées par l’Assurance maladie.
Le calcul des indemnités journalières pendant le congé supplémentaire de naissance
Les indemnités journalières (IJ) versées par la Sécurité sociale pendant le congé supplémentaire de naissance sont calculées selon des règles similaires à celles applicables aux congés de maternité et de paternité.
Toutefois, le montant de l’indemnisation fait l’objet d’une réduction progressive selon la durée du congé :
pendant le premier mois de congé, l’indemnité journalière correspond à 70 % du montant de référence ;
pendant le deuxième mois de congé, lorsque le salarié choisit de prendre deux mois de congé, l’indemnité est réduite à 60 % du montant de référence.
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La méthode de calcul de l’indemnité journalière

Lorsque le salarié perçoit une rémunération mensuelle, l’Assurance maladie détermine l’indemnité journalière à partir des trois derniers salaires bruts précédant l’arrêt de travail.
Ces rémunérations sont prises en compte dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € par mois en 2026.
Le calcul s’effectue en plusieurs étapes :
PREMIERE ETAPE : Détermination du salaire journalier de référence
Les trois derniers salaires bruts sont additionnés, puis divisés par 91,25, correspondant au nombre moyen de jours retenu pour calculer un revenu journalier.
Formule : (Total des 3 derniers salaires bruts retenus) ÷ 91,25 = revenu journalier de référence
SECONDE ETAPE : Application de la déduction forfaitaire
Le montant obtenu est ensuite diminué d’un taux forfaitaire correspondant aux cotisations salariales, fixé à 21 %.
Formule : Revenu journalier de référence × 79 % = montant net de référence
TROISIEME ETAPE : Application du taux d’indemnisation
L’indemnité journalière versée est ensuite calculée en appliquant :
70 % du montant net de référence pendant le premier mois ;
60 % du montant net de référence pendant le deuxième mois, lorsque le salarié bénéficie d’un congé de deux mois.
(Articles R. 323-4, R. 331-5 et R. 331-5-1 du Code de la sécurité sociale)
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en savoir plusLes règles de non-cumul des indemnités journalières du congé supplémentaire de naissance

Les indemnités journalières versées au titre du congé supplémentaire de naissance ont vocation à compenser la perte de revenus liée à l’interruption d’activité du salarié. Elles ne peuvent donc pas être cumulées avec d’autres prestations ayant un objet similaire ou venant indemniser une autre période d’absence.
Les exclusions de cumul peuvent être regroupées par grandes catégories :
Les prestations liées à un arrêt de travail ou à une interruption d’activité l
Les indemnités journalières du congé supplémentaire de naissance ne peuvent pas être perçues en même temps que :
les indemnités journalières maladie versées en cas d’arrêt de travail pour raison médicale
les indemnités journalières versées au titre d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle
le congé de maternité
le congé de paternité et d’accueil de l’enfant
le congé d’adoption
le congé en cas de décès d’un enfant ou congé de deuil
Les revenus de remplacement liés à la perte ou à l’absence d’activité professionnelle
Les indemnités du congé supplémentaire de naissance ne sont pas cumulables avec :
les allocations d’assurance chômage
les allocations relevant du régime de solidarité
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Je me forme !Les allocations destinées à accompagner une situation familiale particulière
Le cumul est également exclu avec certaines prestations familiales ou sociales répondant à d’autres situations d’accompagnement :
l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), versée lorsque le salarié doit interrompre son activité pour s’occuper d’un enfant gravement malade, accidenté ou handicapé
l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie
l’allocation journalière du proche aidant (AJPA)
Les prestations liées à l’éducation ou à la garde de l’enfant
Le congé supplémentaire de naissance n’est, en principe, pas cumulable avec :
le complément de libre choix du mode de garde (CMG) versé pour le même enfant
la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE)
Toutefois, le CMG fait l’objet d’une exception temporaire : certains parents prenant leur congé supplémentaire de naissance à compter du 1er juillet 2026 peuvent exceptionnellement cumuler l’indemnisation du congé avec le CMG pour un enfant né ou adopté entre le 1er janvier et le 30 juin 2026. Cette possibilité concerne également les enfants nés prématurément dont la date prévue de naissance était fixée à compter du 1er janvier 2026.
Concernant la PreParE, les deux dispositifs ne peuvent pas être perçus simultanément, mais ils peuvent se succéder : un parent peut ainsi prendre son congé supplémentaire de naissance puis demander une PreParE s’il remplit les conditions prévues.










